jeudi 8 septembre 2011

Regarder sa vie en face...


La période est aux changements. Et je n’aime pas les changements.

Je suis de ceux qui aiment la pointe d’acidité apportée par la nouveauté mais qui ont besoin d’un environnement stable. Un environnement qui joue le rôle d’un cocon rassurant et douillet.
On est comme on est. Il n’y a pas de bonne façon d’être et de mauvaise façon d’être. Chacune présente des avantages et des défauts. Ensuite c’est un choix que nous faisons tous. Tout est une affaire de choix.
On peut se faire violence et combattre ses besoins fondamentaux, ou au contraire en être conscient, les accepter et conjuguer le présent et l’avenir en fonction d’eux.
Dans tous les cas, l’environnement que nous nous construisons influe sur notre bien être quotidien.
Pour ma part, j’ai toujours privilégié ma liberté d’esprit et la préservation de mon libre arbitre. En second vient ce besoin d’un environnement serein, calme et stable. Mon environnement de vie, je l’ai construit comme cela et en cela, je suis, somme toute, heureux au quotidien.

Assumer son passé est également très important pour moi. Cela nécessite une conscience pas trop arbitraire de ce qui a été, être clair par rapport à soi-même afin de pouvoir juger les faits tels qu’ils sont et non comme on aurait aimé qu’ils soient.
Tout n’est pas une question de fierté. C’est plutôt l’addition de choix acceptés, et cette règle qui veut qu’il ne faut rien regretter. Tout a été porteur d’apprentissage et d’enrichissement. Si tant est qu’on soit capable de porter un œil non arbitraire sur ces faits.
Qu’un bilan soit positif ou négatif, on a toujours gagné quelque  chose, à capitaliser pour construire l’avenir.

J’assume mon passé et je ne regrette rien, car j’ai toujours fait mes choix en écoutant mes besoins profonds et en me libérant des influences extérieures.
A défaut d’avoir amasser, ces choix m’ont permis de me regarder dans le miroir et de ne jamais avoir honte de moi.

Des choix qui m’ont souvent fait croiser des gens aux valeurs comparables aux miennes et aux qualités humaines toujours suffisantes à mes yeux. Ces personnes s’inscrivent également dans cet environnement de vie que nous construisons.
Ce n’est pas le hasard de la vie qui nous fait développer des relations humaines. Le hasard met juste les personnes en présence. Le développement de relations est ensuite une décision personnelle, dans laquelle notre inconscient et notre intuition jouent un rôle prépondérant. Parfois également l’esprit malin de ceux qui ont développé une des déviances les plus malheureuses : la manipulation.
Bien sûr nous faisons des erreurs et certains nous déçoivent. Ces déceptions, de mêmes que de mauvais choix de vie, peuvent nous griffer. Mais notre peau épaissit en vieillissant.

Je suis heureux de l’environnement de vie que j’ai construit et des relations humaines que j’ai développées. Je ne regrette pas mes choix. Tous ont aidé à construire ce que je suis : une personne sensible, juste et raisonnée.
Je ne suis pas toujours assez sûr de moi et je doute souvent. Mais je crois en ma bonne étoile puisque mes choix ont presque toujours été les bons. Tout n’est pas parfait et certaines choses me manquent mais aujourd’hui, je suis la personne que je souhaitais être. Et c’est bien là le principal.



Et donc, en cette journée tristounette, l’heure est à la réflexion. Les choses changent en ce moment. Des changements de structure dans cet environnement que j’ai construit mais dans lequel les couleurs commençaient à passer, les compromis se multipliaient, la stabilité devenait plus apparente que réelle.

Certaines personnes qui m’entouraient changeaient aussi. Certains sont partis. D’autres, peu nombreux, m’ont profondément déçu. Mais comme je ne suis pas né de la dernière pluie, je m’y attendais plus ou moins et j’ai rapidement digéré ces déconvenues.
J’avais différé certaines décisions vis à vis d’eux.  La place est désormais nette.

Niveau boulot, la conjoncture a fait son œuvre. Le manque d’implication et la frilosité de certains décideurs, le reste. Le bon sens désertent les prises de cap car les enjeux ne se mesurent plus sur la même échelle que les carrières ternes de cadres administratifs qui ont perdu depuis longtemps l’idée même de l’intérêt collectif..
Trop souvent, je me sentais mal à l’aise car les situations m’imposaient des choix et des actes qui s’éloignaient, et même s’opposaient à mes valeurs fondamentales.

Coup de torchon salutaire sur ma participation à la vie politique, locale et centrale d’ailleurs. Un premier passage éclair, aussi porteur d’enseignements que de désillusions.
Clash sanitaire dans ma vie professionnelle. Après une réorganisation cérébrale qui devenait vitale, certains choix restent à faire mais dans une démarche de réflexion beaucoup plus saine et en dehors des influences qui comme toujours étaient néfastes.
Ménage de fond en comble chez moi aussi. Un bon coup de vent pour balayer ce qui commençait à dater (Clin d’œil), à s’ankyloser doucement, à devenir sans bruit des habitudes plus subies que choisies.

Des séismes dans mon cocon douillet, qui rendent l’avenir incertain, qui déstabilisent, mais redonnent du cœur à l’ouvrage, car j’écoute toujours mes besoins profonds Je suis à nouveau celui ci que j’ai toujours souhaité être, et ce cocon, je vais le reconstruire. Forcément.
En pleines turbulences, je navigue à vue mais je navigue toujours.

Et cette semaine, la toile de fond pour tous ces changements c’est ma Dordogne natale. Ce pays de douceur et de sérénité. Le jour est à la pluie, qui apporte sur les vieilles pierres et la mousse qui les recouvre, cette once de nostalgie, ce sentiment de protection naturelle, cette idée que l’homme est indissociable de son pays de cœur.

Cette sensation que même si on a pas l’art de l’exprimer comme un peintre de talent, l’instant présent est propice à ce que nous devrions tous faire de temps en temps : regarder sa vie, bien en face et soutenir du regard l’image qu’elle nous renvoie.

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