La période est aux changements. Et je n’aime pas les changements.
Je suis de ceux qui aiment la pointe d’acidité apportée par
la nouveauté mais qui ont besoin d’un environnement stable. Un environnement
qui joue le rôle d’un cocon rassurant et douillet.
On est comme on est. Il n’y a pas de bonne façon d’être et
de mauvaise façon d’être. Chacune présente des avantages et des défauts. Ensuite
c’est un choix que nous faisons tous. Tout est une affaire de choix.
On peut se faire violence et combattre ses besoins
fondamentaux, ou au contraire en être conscient, les accepter et conjuguer le
présent et l’avenir en fonction d’eux.
Dans tous les cas, l’environnement que nous nous
construisons influe sur notre bien être quotidien.
Pour ma part, j’ai toujours privilégié ma liberté d’esprit
et la préservation de mon libre arbitre. En second vient ce besoin d’un
environnement serein, calme et stable. Mon environnement de vie, je l’ai
construit comme cela et en cela, je suis, somme toute, heureux au quotidien.
Assumer son passé est également très important pour moi.
Cela nécessite une conscience pas trop arbitraire de ce qui a été, être clair
par rapport à soi-même afin de pouvoir juger les faits tels qu’ils sont et non
comme on aurait aimé qu’ils soient.
Tout n’est pas une question de fierté. C’est plutôt
l’addition de choix acceptés, et cette règle qui veut qu’il ne faut rien
regretter. Tout a été porteur d’apprentissage et d’enrichissement. Si tant est
qu’on soit capable de porter un œil non arbitraire sur ces faits.
Qu’un bilan soit positif ou négatif, on a toujours gagné
quelque chose, à capitaliser pour
construire l’avenir.
J’assume mon passé et je ne regrette rien, car j’ai toujours
fait mes choix en écoutant mes besoins profonds et en me libérant des
influences extérieures.
A défaut d’avoir amasser, ces choix m’ont permis de me
regarder dans le miroir et de ne jamais avoir honte de moi.
Des choix qui m’ont souvent fait croiser des gens aux
valeurs comparables aux miennes et aux qualités humaines toujours suffisantes à
mes yeux. Ces personnes s’inscrivent également dans cet environnement de vie que
nous construisons.
Ce n’est pas le hasard de la vie qui nous fait développer
des relations humaines. Le hasard met juste les personnes en présence. Le
développement de relations est ensuite une décision personnelle, dans laquelle
notre inconscient et notre intuition jouent un rôle prépondérant. Parfois
également l’esprit malin de ceux qui ont développé une des déviances les plus malheureuses :
la manipulation.
Bien sûr nous faisons des erreurs et certains nous
déçoivent. Ces déceptions, de mêmes que de mauvais choix de vie, peuvent nous
griffer. Mais notre peau épaissit en vieillissant.
Je suis heureux de l’environnement de vie que j’ai construit
et des relations humaines que j’ai développées. Je ne regrette pas mes choix.
Tous ont aidé à construire ce que je suis : une personne sensible, juste
et raisonnée.
Je ne suis pas toujours assez sûr de moi et je doute
souvent. Mais je crois en ma bonne étoile puisque mes choix ont presque
toujours été les bons. Tout n’est pas parfait et certaines choses me manquent
mais aujourd’hui, je suis la personne que je souhaitais être. Et c’est bien là
le principal.
Et donc, en cette journée tristounette, l’heure est à la
réflexion. Les choses changent en ce moment. Des changements de structure dans
cet environnement que j’ai construit mais dans lequel les couleurs commençaient
à passer, les compromis se multipliaient, la stabilité devenait plus apparente
que réelle.
Certaines personnes qui m’entouraient changeaient aussi.
Certains sont partis. D’autres, peu nombreux, m’ont profondément déçu. Mais
comme je ne suis pas né de la dernière pluie, je m’y attendais plus ou moins et
j’ai rapidement digéré ces déconvenues.
J’avais différé certaines décisions vis à vis d’eux. La place est désormais nette.
Niveau boulot, la conjoncture a fait son œuvre. Le manque
d’implication et la frilosité de certains décideurs, le reste. Le bon sens
désertent les prises de cap car les enjeux ne se mesurent plus sur la même
échelle que les carrières ternes de cadres administratifs qui ont perdu depuis
longtemps l’idée même de l’intérêt collectif..
Trop souvent, je me sentais mal à l’aise car les situations
m’imposaient des choix et des actes qui s’éloignaient, et même s’opposaient à
mes valeurs fondamentales.
Coup de torchon salutaire sur ma participation à la vie
politique, locale et centrale d’ailleurs. Un premier passage éclair,
aussi porteur d’enseignements que de désillusions.
Clash sanitaire dans ma vie professionnelle. Après une
réorganisation cérébrale qui devenait vitale, certains choix restent à faire
mais dans une démarche de réflexion beaucoup plus saine et en dehors des
influences qui comme toujours étaient néfastes.
Ménage de fond en comble chez moi aussi. Un bon coup de vent pour
balayer ce qui commençait à dater (Clin d’œil), à s’ankyloser doucement, à
devenir sans bruit des habitudes plus subies que choisies.
Des séismes dans mon cocon douillet, qui rendent l’avenir
incertain, qui déstabilisent, mais redonnent du cœur à l’ouvrage, car j’écoute
toujours mes besoins profonds Je suis à nouveau celui ci que j’ai toujours
souhaité être, et ce cocon, je vais le reconstruire. Forcément.
En pleines turbulences, je navigue à vue mais je navigue
toujours.
Et cette semaine, la toile de fond pour tous ces changements
c’est ma Dordogne natale. Ce pays de douceur et de sérénité. Le jour est à la
pluie, qui apporte sur les vieilles pierres et la mousse qui les recouvre,
cette once de nostalgie, ce sentiment de protection naturelle, cette idée que
l’homme est indissociable de son pays de cœur.
Cette sensation que même si on a pas l’art de l’exprimer
comme un peintre de talent, l’instant présent est propice à ce que nous devrions
tous faire de temps en temps : regarder sa vie, bien en face et soutenir
du regard l’image qu’elle nous renvoie.

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