
Le 8 Décembre, les taxis étaient en grève, suite à l'annonce d'une nouvelle réglementation concernant les motos-taxis et les navettes privées. Ces derniers pourront utiliser les zones de stations Taxis pour embarquer et débarquer leurs clients, alors que la réglementation est plus souple dans leur cas que pour les taxis.
Le droit de grève est un droit chèrement acquis par nos aînés, et il n'est pas question de remettre en cause le droit d'une profession à défendre ses intérêts. La corporation des chauffeurs taxis est effectivement assez malmenée depuis quelques années, par l'alourdissement des contraintes qui pèsent sur leur activité : permis à points, verbalisation, coût des carburants, concurrence...
Mais les opérations "escargot" organisées aujourd'hui ont un coût qui devient inacceptable, à l'heure où les gouvernements sont à Copenhague, afin de conclure un accord vital pour notre avenir et celui de la planète.
En effet, cette journée a été le théâtre de forts embouteillages sur les autoroutes desservant les aéroports et sur le périphérique. Or de tels embouteillages ont un impact important en terme de pollution. Les générer devient un acte de plus en plus litigieux, sans aller sur le terrain de la vie sociale.
La problématique est exactement la même lors des grèves RATP et SNCF. Ces jours là sont des jours noirs en termes de circulation urbaine. Outre la très forte gêne provoquée auprès d'usagers pris en otage, ces grèves se paient au prix fort au niveau pollution.
Les routiers qui envisagent eux aussi, des actions à partir de dimanche, ont choisi de bloquer les plate-formes logistiques. L'impact est donc plus neutre écologiquement parlant. Mais le spectre des barrages routiers que nous avons connus dans le passé n'est pas loin.
La réponse consistant à exonérer les transports lourds par la route de taxe carbone (ou même à la réduire), est un non-sens, et un affront de plus envers les particuliers qui, à bord d'automobiles beaucoup plus vertes, paieront eux le tarif fort, une fois de plus.
Il n'est pas non plus souhaitable qu'indirectement, l'état finance des augmentations de salaire dans le secteur privé, alors que ses propres employés voient les leurs gelés, et enregistrent une baisse de leur pouvoir d'achat constante depuis plusieurs années.
Une réponse sous forme de fin de non-recevoir, serait donc tout aussi irresponsable de la part du gouvernement, que le recours au chantage à la désorganisation sociale et économique utilisé par les syndicats.
Les acteurs des transports vont faire face, dans les années qui viennent, à des difficultés liées aux changements nécessaires des habitudes des Français dans leurs déplacements. Cela promet des épisodes sociaux difficiles.
On connaît le goût non dissimulé du gouvernement pour jouer le pourrissement des situations, et la tentation de laisser faire sera peut être forte, en cas de mouvements impopulaires, comme cela a déjà été le cas pour les grèves dans les transports en commun. Car un pas a été franchis et les Français ont accepté désormais, l'idée qu'une révolution est nécessaire dans leurs modes de transports routiers publics ou privés.
Inutile d'attendre d'être face au problème. Le rôle de l'état est de préparer dès aujourd'hui ces professionnels à faire face aux mutations de leurs activités.
Car s'il n'est pas envisageable de continuer de polluer à ce rythme, il n'est pas non plus concevable de continuer de laisser sur le carreau, les travailleurs de pans entiers de l'économie, dont l'activité évolue, mais pour qui l'accompagnement et la formation aux nouveaux métiers ne sont pas assumés, comme c'est déjà le cas dans l'industrie, la pêche ou l'agriculture.
Vous avez raison l'adaptation au changement climatique et à la diminution des ressources fossiles vont imposer des changements de métier.
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