
Comme je l'avais annoncé dans un ancien article, il n'était pas écrit que le vote d'Hadopi II par l'assemblée et le sénat serait la conclusion d'une polémique tumultueuse dans le programme du grouvernement Fillon.
Comme prévu, certains euro-députés avaient jurés qu'ils ne lâcherait pas l'affaire, et ils ont tenu parole. Il viennent d'écrire le chapître suivant de l'histoire de cette loi controversée.
Le 5 Novembre, Le Point révèle que le parlement européen arrachait un accord sur les coupures internet, après une âpre négociation.
Corinne Lepage, fidèle à ses engagements a défendu bec et ongle le principe d'une sanction décidée non pas par l'administration mais par la justice. Ce qui est la base d'un traitement égalitaire, dans le cadre du droit français.
En cliquant sur le titre de cet article, vous pourrez lire l'intégralité de l'article du point. Dans les grandes lignes, il relate les péripéties de cette longue négociation.
Bien sûr, tous ne sont pas d'accord autour de la polémique soulevée par Hadopi.
Entre ceux qui estiment que la défense des libertés est fondamentale, ceux qui expliquent qu'un assouplissement de la loi est nécessaire lorsque plus de 60% d'une population agit de façon contrevenante, ceux qui défendent bec et ongles les intérêts des artistes, et ceux qui dans l'ombre, manipulent tout le monde, au seul bénéfice d'un modèle de production obsolète, mais prôné par les major companies, il n'est pas simple de trancher.
Car les arguments ne s'opposent pas sur le même terrain. On serait presque tenté de dire que toutes les positions se comprennent, même la dernière du point de vue d'une pure stratégie commerciale privée.
Ce qui devient gênant finalement, c'est lorsque l'état, qui devrait avoir pour rôle de défendre l'intérêt des citoyens, devient le bras armé de ces intérêts privés, au point de faire reculer les libertés fondamentales. (Private joke = j'entends déjà mon ami Franck s'énerver en me lisant...)
Là est le vrai pouvoir de ces sociétés multinationales, mais le sujet n'est pas là.
Outre l'assouplissement des termes consentis par les euro-députés et dénoncé par le collectif "la quadrature du net", je retiens principalement de l'article du point le passage suivant =
Corinne Lepage reconnaît des failles. "Ce n'est évidemment pas un texte parfait, mais compte tenu de la position très ferme du Conseil, nous ne pouvions pas faire mieux", explique-t-elle. "Et puis les pressions françaises ont été particulièrement fortes, contre la protection des libertés", poursuit-elle, refusant d'en dire plus. Catherine Trautmann, que lepoint.fr avait interviewée en avril 2009 , avait elle aussi dénoncé des "pressions qui viennent de tout en haut" de l'État français.
On s'en serait douté. Mais voici une nouvelle preuve de l'intransigeance liberticide, déguisée en réformes officiellement bienfaitrices que nos dirigeants peinent de plus en plus à camoufler.
Juste après la révélation de la prise de participation de l'état français dans Dailymotion, et après l'affaire du retrait de vidéos des guignols relatives à l'affaire Jean Sarkozy, des sites Youtube et Dailymotion justement, on peut vraiment se poser la question de ce que devient la liberté d'expression sur le net.
Nous regrettons le contrôle de l'état chinois sur l'internet proposé à sa population, mais nous vivons bel et bien les premiers épisodes, en France, d'une prise de contrôle étatique sur ce qui restait finalement le seul média libre mis à disposition de la population.
Et comme un fait exprès, on apprend que la France est relayée au 43ème rang d'un classement des pays relatif à la liberté de la presse.
Glorieux résultat, qui devrait nous faire réagir et exiger le maintien de la liberté d'expression dans les médias comme sur le net, tant que celle ci ne va pas à l'encontre des lois.
Sauf erreur, un accès égalitaire à la culture est prévu dans le traité des droits de l'homme, la caricature n'est pas interdite en France, de même que la satire politique.
Sauf erreur, ou manoeuvres en vue de mesurer de la liberté d'expression.
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